Synergomètre Roger Mucchielli ©
Synergomètre Roger Mucchielli ©

Le conseil du mois

N°19 - Janvier 2016

Pour notre premier conseil de l’année 2016, nous vous invitions à une grande résolution : supprimez de votre travail les attentes infinies !

 

Nous avons tous en commun de vivre pour satisfaire notre besoin d’exister. Mais comment tous vos besoins sont-ils satisfaits ?…

 

Votre travail y répond à coup sûr

Vos besoins physiologiques : votre SURVIE : vous vous alimentez en achetant de la nourriture avec le salaire qui rétribue votre travail.

Vos besoins psychologiques : en partie…votre SECURITE : un emploi vous rassure sur l’avenir et vous permet de posséder des choses et des lieux avec le sentiment de maîtriser votre environnement.

 

Votre travail n’y répond pas forcément

Vos besoins sociaux : votre AFFECTIVITE (être accepté, recevoir et donner de l’affection, de l’amour, avoir des amis et un réseau de communication), votre RECONNAISSANCE (comme quelqu’un ayant de la valeur qui se respecte), votre APPARTENANCE (à un groupe qui partage les mêmes ambitions et valeurs).

Vos besoins d’estime de soi: votre désir de REUSSITE, de COMPETENCE, de maîtrise, d’indépendance et de liberté, sources de CONFIANCE EN SOI et de sentiment d’UTILITE.

Vos besoins de réalisation de soi : accéder à un niveau de MATURITE personnelle et de REALISME permettant d’évaluer par vous-même la qualité de vos réalisations sans vous soumettre à l’opinion des autres. 

 

Cherchez donc les réponses ailleurs… La suite dans le conseil du mois prochain…

 

N°18 - Décembre 2015

Comment amener chacun à coopérer ?

 

1. Réagissez rapidement suite à un comportement anti-coopératif d’un interlocuteur.

Plus vous attendez pour réagir, plus l’autre peut penser que son comportement non-coopératif était adéquat ou acceptable.

 

2. Puis, confrontez la personne en toute transparence et sincérité.

Pour lui faire comprendre où se situe l’intérêt mutuel = être explicite et factuel sur le résultat gagnant-gagnant. Et où sont les risques qu’elle encourt à ne pas choisir la coopération : ce que l’autre y perdra. Puis, négociez l’arrangement « gagnant-gagnant »

 

N°17 - Novembre 2015

Suite des principes de la stratégie coopérative dans vos relations de travail…

 

4. Soyez transparent: le principe de la coopération est d'encourager la même pratique à se développer chez votre interlocuteur en étant très clair sur vos intentions "honnêtes" et sûrement pas en cherchant à être le plus "malin". Les actes sont plus parlants que les mots et des actes faciles à comprendre sont efficaces dans la durée.

 

5. Soyez assertif: face à des comportements individualistes répétitifs, confrontez la personne en toute transparence et sincérité pour chercher à lui faire comprendre où se situe l'intérêt mutuel et où sont les risques qu'elle encourt à ne pas choisir la coopération.

 

Source : Comment réussir dans un monde d’égoïstes, théorie du comportement coopératif, Robert Axelrod, Odile Jacob, Poches

 

N°16 - Octobre 2015

Appliquez les 5 principes de la stratégie coopérative dans vos relations de travail, vous réussirez personnellement et vous en ferez bénéficier les autres, ils apprécieront !

 

Pour ce mois-ci, 3 conseils…

 

1. Soyez bienveillant: et soyez-le d'entrée de jeu, alors que la plupart de vos interlocuteurs choisissent plutôt de se mettre sur la défensive. Habituez-les à prendre confiance en vous et à découvrir que vous ne cherchez pas systématiquement à réussir à leurs dépens.

 

2. Jouez la réciprocité: quand vous êtes coopératif, ce n'est pas être faible ou gentil, mais plus efficace. Autrement dit, dès que votre interlocuteur cesse de coopérer en dépit de votre incitation et complique la relation, changez de stratégie et sauvegarder votre intérêt personnel. Une manière de faire comprendre que coopérer ce n'est pas sacrificiel.

 

3. Soyez indulgent: suite aux provocations de ses interlocuteurs, le "joueur" coopératif ne rend les "mauvais coups" qu'une fois. A la deuxième fois, il reprend son comportement coopératif, car il sait, compte-tenu des résistances de l'entourage, que répliquer plus d'une fois risque de provoquer une escalade.

 

La suite au mois prochain…

 

N°15 - Septembre 2015

5 principes pour une attitude d’empathie

 

Carl Rogers (1902-1987) psychologue humaniste américain a conceptualisé les pratiques de l’entretien non-directif. Il y définit les 5 principes de l’attitude à adopter :

  1. Avoir une attitude d’intérêt ouvert, sans préjugé ni a priori ;
  2. Ne pas juger les réponses, ni critiquer, ni surenchérir, ni approuver ;
  3. Ne pas avoir un objectif, a priori autre que celui de comprendre ce dont parle l’interlocuteur ;
  4. Focaliser sur les significations en privilégiant une intention authentique de comprendre autrui ;
  5. Garder le contrôle de l’entretien tout en maintenant en permanence l’attitude d’ouverture.

 

N°14 - Août 2015

Apprenez à faire silence pour écouter

 

Attendre que l’autre termine ce qu’il est en train de dire est une marque minimum de respect. Néanmoins cela peut s’avérer, en certaines occasions, douloureux.  En effet, si vous accordez prioritairement de l’importance à ce que, vous, vous voulez dire, vous ressentez un certain malaise quand vous devez vous taire. Pour pouvoir vous taire, interrogez-vous sur la place et le poids que prennent dans votre for intérieur les freins suivants à votre silence:

  • Le jugement de valeur (il est ridicule, il n’y connaît rien, il n’y comprend rien…),
  • Le désir sur l’autre (vouloir qu’il prenne conscience, qu’il apprenne absolument, qu’il soit dans la vérité…)
  • L’écho en vous-même de ce qu’il dit (s’il touche en parlant une de vos zones de vulnérabilité,  de contentieux avec vous-même …)
  • La peur de ne pas savoir quoi répondre, de ne rien pouvoir faire, de ne pas avoir de solution,
  • La peur d’aborder des sujets dérangeants et d’être maladroit pour y répondre…

 

Autant de freins et peut-être d’autres encore sur lesquels travailler pour arriver progressivement à vous en distancier : mettez-vous momentanément à l’écoute de vos résonnances intérieures, repérez-les et attelez-vous à les tranquilliser.

 

N° 13 - Juillet 2015

Manifestez votre empathie en réagissant avec tact et sobriété

 

Le comportement empathique concerne votre réaction en situation d’écoute : notamment, de quelle manière vous reprenez la parole. Si vous comprenez vraiment ce que ressent l’autre, les mots pour le dire vous arriveront aisément. Vous pouvez par exemple :

  • Exprimer directement votre empathie : « je comprends que vous soyez déçu de … » ;
  • Reformuler ce que l’autre dit confusément : « si je comprends bien, vous êtes fébrile parce que vous n’êtes pas sûr d’arriver à respecter tous vos engagements … » ;
  • Utiliser le vocabulaire émotionnel convenu : « je suis désolé de ne pas avoir pu vous prévenir de mon retard… » ;
  • Nommer vos propres contraintes : « ce n’est pas pour vous ennuyer, mais je ne pourrai vraiment pas vous rendre ce rapport aujourd’hui, il me manque encore des informations… » ;
  • Anticiper : « vous allez sans doute mal le prendre, mais je vous annonce que la livraison aura du retard… » ;
  • Nommer ce que vous auriez souhaité faire : « j’aurais vraiment aimé pouvoir vous aider… ».

 

N° 12 - Juin 2015

Sachez écouter les émotions de vos interlocuteurs

 

S’investir dans l’écoute des émotions d’autrui, c’est considérer finalement que l’émotion est toujours partie prenante d’un échange, même si elle est faiblement exprimée, voire travestie ou réprimée. Une bonne dose de sincérité personnelle et d’acceptation sans réserves de l’autre dans sa totalité sont indispensables.

 

Pour y parvenir, décentrez-vous du problème ou du sujet pour lequel vous rencontrez votre interlocuteur pour vous centrer sur la personne. Quand vous êtes centré sur le sujet, vous vous  occupez l’esprit avec 3 questions principales : De quoi me parle-t-il ? Qu’est-ce qu’il est en train de m’expliquer ? Qu’est-ce que je comprends dans ce qu’il me dit ?

Appuyez-vous en pensée sur d’autres questions pour réussir à vous centrer sur la personne : Qu’est-ce qu’il est en train de vivre ? Qu’est-ce qu’il ressent ? Qu’est-ce qui est important pour lui ? A quoi cela renvoie-t-il dans ses projets, son histoire personnelle ?

 

N° 11 - Mai 2015

Pour bien décider, questionnez et écoutez au lieu d’expliquer

 

Pour mieux équilibrer la relation manager/collaborateur/collègue, faites parler votre interlocuteur, amenez-le à en dire plus qu’il n’en dit spontanément. Il  y a dans le questionnement et l’écoute un cheminement d’exploration fait, tout à la fois, d’intérêt manifeste pour comprendre ce que ressent l’autre et de recherche des éléments pour comprendre une situation ou un problème à résoudre. 

 

  • En posant des questions sur les faits, vous collectez des informations précises : De quoi s’agit-il ? Que s’est-il passé ? Quand les documents ont-ils été reçus ? Quel est votre sentiment ? Comment l’avez-vous vécu ? Combien de jours vous ont été nécessaires ?... Mieux vous comprendrez dans le détail, des faits, des opinions, des sentiments, mieux vous ferez le tour d’un problème.
  • Votre travail consiste à trouver des solutions pour les mettre en œuvre ? C’est le moment d’équilibrer la relation. Posez des questions de type « Comment pourrions-nous... », « Qu’est-ce que vous en pensez… », « A votre avis, sur quels aspects avons-nous intérêt à… ». Accueillez les suggestions avec bienveillance, en évitant de les écarter brutalement. Préférez les approfondir avec d’autres questions, pour bien comprendre avant de rejeter « Sur quoi exactement ? Combien cela coûtera-t-il ? Quelles seront nos retombées ? Que se passera-t-il si… ? ».
  • Et, retenez que tout le monde a besoin d’être pris en compte. Une écoute authentique doit prouver son utilité, à vous et à votre interlocuteur. Si, le moment venu de l’arbitrage, votre interlocuteur se reconnaît, même en partie, dans la décision finale, vous aurez effectivement équilibré la relation, non seulement dans le moment du dialogue mais aussi dans la durée. Un gage de confiance et d’entente.

 

N°10 - Avril 2015

Ecoutez vraiment vos interlocuteurs

 

On dit des gens sociables qu’ils sont aimables parce qu’ils sont d’abord soucieux de faire parler les autres d’eux-mêmes, bien moins de se mettre en avant et de parler d’eux. C’est ainsi que l’écoute trouve naturellement sa place au cœur des relations humaines.


Une vraie présence à l’autre s’impose en toute sincérité et authenticité. Les gens absents tout en étant là tombent dans une gestuelle clownesque : lire ses e-mails, pire, y répondre, regarder d’un œil son téléphone, tapoter son crayon, poser ses yeux dans le vague.


En entretien de face à face, déplacez-vous, rapprochez vous de votre interlocuteur ; assis derrière votre bureau tous vos outils technologiques restent à portée de main, donc tentants, ou les piles dossiers font barrière au développement d’une relation conviviale.


Il s’agit de pouvoir entendre et comprendre la parole de votre interlocuteur. Les conseils du psychologue américain Carl Rogers sont plus que jamais en phase avec ce retour aux règles élémentaires d’attention à l’autre. Il a nommé empathie cette attitude consistant à s’immerger dans l’univers subjectif de son interlocuteur, comprendre le sens de ses paroles dans sa logique à lui et être sensible à ses réactions en les respectant. Pour avoir de bonnes relations avec les autres, mieux vaut être dans l’ouverture, l’acceptation de la différence plutôt que dans le jugement, la polémique ou l’affrontement. Chacun sera plus efficace en évitant de pointer les lacunes des autres.

 

N°9 - Mars 2015

Valorisez tout ce qui favorise les contacts…

 

Le sens de l’écoute et de la convivialité, le goût de la conversation, l’amabilité, la disponibilité tout en sachant aussi garder vos distances sans intrusion dans la vie privée de l’autre. Un savant dosage auquel vous entraîner ! Voici quelques conseils pour vous y aider.

 

  • Montrez-vous disponible, écoutez attentivement lorsque quelqu’un vous parle et apportez une réponse à une question; même si c’est un « non », accompagnez-le des explications pour aider l’autre à comprendre.
  • Sachez interrompre vos activités pour vous occuper d’autrui et gardez une expression accueillante du visage et du regard ; la disponibilité s’apprécie dans la durée par sa fréquence et l’humeur égale qui l’accompagne.
  • Ajoutez de la gentillesse à votre sociabilité, elle n’en sera que plus chaleureuse : un compliment sur une tenue vestimentaire, des remerciements pour un service rendu.
  • Faites attention au ton de votre voix méprisant ou agacé quand vous êtes sous pression et dispensez-vous de manier l’ironie qui fait rire aux dépens des autres.
  • Apprenez à ne pas dire ce qu’il convient de garder pour soi, à ne pas faire une démarche ou une demande indiscrète auprès des autres.

 

N°8 - Février 2015

Un peu de savoir vivre ! (suite)

 

Il existe plusieurs formes différentes du respect d’autrui, toutes aussi gratifiantes pour l’estime de soi. Prenez l’essentiel, c’est du savoir-vivre.

  • Ne faites pas perdre la face à quelqu’un en public : ne lui faites pas remarquer son incompétence, ne le tournez pas en ridicule. Si votre responsabilité est de le recadrer, faites-le en aparté, avec tact.
  • Ne louez pas les talents de quelqu’un avec emphase devant les autres : l’overdose met souvent dans l’embarras.
  • Soyez très prudent dans vos commentaires sur quelqu’un auprès d’autres personnes, même s’ils sont élogieux. Le respect, c’est de laisser chacun se faire son propre jugement. Evitez aussi d’apporter un soutien trop énergique à quelqu’un au détriment d’un autre. 
  • Ne parlez pas à la place de l’autre : ne lui coupez pas la parole, ne finissez pas ses phrases, ne lui volez pas ses « effets ».
  • Situez votre interlocuteur socialement pour éviter les impairs : ne jouez pas les « m’as-tu vu », n’étalez pas vos possessions.
  • Ne relayez pas les propos de quelqu’un sans son autorisation.

 

N°7 - Janvier 2015

Un peu de savoir vivre ! Appliquez-vous dans la reconnaissance mutuelle.

 

Chaque jour vous saluez vos collègues « dans les formes ». Ce rituel remplit une fonction psychologique indispensable à l’équilibre personnel, la « réassurance identitaire » : oui, ils ont de la valeur à vos yeux et réciproquement. Vous contribuez aussi à pérenniser un signal symbolique très important qui préserve la cohésion des groupes en manifestant votre intention pacifique et non pas belliqueuse d’entrée de jeu.

  • Dites « bonjour » avec sincérité : soignez votre intonation, votre poignée de main, regardez la personne dans les yeux. Ne vous plaignez pas, ni du mauvais temps, ni d’autre chose, faites en sorte que chacun commence la journée sur une note positive.
  • N’oubliez pas de dire « bonjour » : ne sous-estimez pas l’importance capitale de ce premier signe de reconnaissance. Faites partie de ceux dont la réputation dans l’entreprise se construit favorablement dès cet instant. A l’inverse de ceux que la rumeur accable : « il ne vient même pas nous dire bonjour », « il passe devant nous sans même dire bonjour ».
  • Méfiez-vous du « bonjour, ça va ? » : voulez-vous vraiment savoir si la personne va bien ? Etes-vous prêt et aurez-vous le temps, la disponibilité pour écouter quelqu’un vous expliquer qu’il ne va pas bien ? Avez-vous pensé que peut-être vous obligez quelqu’un à vous répondre « oui, merci et vous, ça va ? », même s’il ne va pas bien et sans envie de vous en parler ? Evitez les maladresses et les non-dits, faites simple et naturel, dites « bonjour » tout simplement !

 

N°6 - Décembre 2014

Faire ou accorder sa confiance ?

 

Faire confiance à priori à son chef ou à ses collègues dans un cadre de travail en équipe participe d’une attitude positive et optimiste cohérente avec l’idée de coopération. Néanmoins s’en remettre totalement aux vues et aux décisions de l’autre en raison de son statut, de sa compétence ou de sa bonne mine, sans exercer de discernement personnel ou de libre arbitre s’assimile plutôt à de la soumission qu’à de la confiance accordée. C’est également esquiver sa propre responsabilité de participer à l’œuvre collective par une contribution faite d’exigence, d’excellence et d’effort pour contribuer à hauteur du mieux ou du maximum que l’on puisse faire. La confiance aveugle de l’un ou de plusieurs de ses membres retire aussi au groupe la capacité  de réduire le risque d’erreur ou de sous-performance qui le guette dans ses réalisations.

La confiance dont il est question dans la coopération est celle qui se construit progressivement à partir de l’observation des actes de l’autre, de la consistance dont chacun fait montre entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, de façon répétée dans la durée. En ce sens, la confiance est la résultante de la fiabilité démontrée.

 

« Aimez tout le monde, faites confiance à quelques uns, ne faites du tort à personne. »

William Shakespeare

 

N°5 - Novembre 2014

Soyez fiable !

 

Le sens premier de la fiabilité est « l’aptitude d’un système, d’un matériel, à fonctionner sans incidents pendant un temps donné, dont la probabilité de tomber en panne est très faible ». Appliquée à une personne, cette définition est éclairante : est fiable celui ou celle qui peut se tenir aux côtés d’autrui sans faillir et dans la durée. On dit de quelqu’un qu’il est fiable parce qu’il ne se dérobe pas, il ne ment pas, il prend en considération ce qui mérite de l’être et agit en conséquence. Avoir quelqu’un à ses côtés sur qui on peut compter fait partie des fondamentaux de la coopération : avec une personne fiable, on a le sentiment que les projets ont des chances sérieuses de se réaliser et d’aboutir. La fiabilité participe à construire des relations de confiance car les personnes fiables ont une conduite guidée par une éthique : elles sont prêtes à se mettre en danger pour défendre ce qu’elles croient bon ou juste et reconnaissent volontiers leurs erreurs si nécessaire.

 

« On peut avoir, tout ensemble, un air sérieux dans l’esprit, et dire souvent des choses agréables et enjouées. »

La Rochefoucauld

 

N°4 - Octobre 2014

Faites preuve de gentillesse !

 

Le terme de « gentillesse » recouvre des sentiments que l’on nomme aujourd’hui solidarité, entraide, générosité, altruisme, humanité, compassion,… Dans son Emile, Rousseau montre que la gentillesse est le plus envié des attributs humains. On pense envier aux autres leur réussite, leur argent, leur célébrité, alors qu’en fait c’est la gentillesse qu’on envie le plus parce que c’est le meilleur indicateur de bien-être, du plaisir de l’existence. La gentillesse crée une sorte d’intimité, d’implication avec l’autre qui laisse ce vague sentiment que « la vie vaut la peine d’être vécue ». La gentillesse ne gâche rien quand elle s’ajoute à la sociabilité, au contraire, elle lui donne un caractère chaleureux. Et, même si la gentillesse peut être à l’occasion suspectée d’hypocrisie dans notre culture française (« on brosse dans le sens du poil » pour obtenir des faveurs égoïstes), la gentillesse authentique, sincère,  qui repose sur la sensibilité aux autres, sur la capacité à leur prodiguer du plaisir dans l’échange procure en retour du plaisir gratifiant par le processus naturel de réciprocité. En ce sens, la gentillesse participe de la coopération.

 

« Se soucier des autres, c’est ce qui nous rend pleinement humains. »

Rousseau

 

N°3 - Septembre 2014

Soyez sociable !

 

En pratique, la sociabilité peut prendre de multiples formes telles que la capacité à tenir une conversation, respecter une étiquette, se conformer aux usages de la politesse. Lorsqu’une personne sociable  dit « bonjour, ça va ? », elle regarde son interlocuteur, attend la réponse et regarde son interlocuteur. On dit des gens sociables qu’ils sont aimables parce qu’ils sont d’abord soucieux de faire parler les autres d’eux-mêmes, bien moins de se mettre en avant et de parler d’eux. C’est aussi savoir mettre les gens à l’aise, créer un climat d’échange simple et tranquille pour le plaisir partagé. La sociabilité est entière ou elle n’est pas, au sens où elle ne s’exprime pas en quantité plus ou moins grande selon les circonstances : elle ne disparaît pas sous l’emprise du stress, de l’urgence ou de la pression des évènements. Elle ne s’exerce pas à la tête du client, comme cette personne croisée dans un couloir à qui s’adressait un collègue ainsi : « Tu n’as pas l’air de bonne humeur aujourd’hui ? » pour s’entendre répondre « ça dépend des gens que je rencontre ! ». Au contraire, la sociabilité adoucit les mœurs, ralentit le rythme frénétique des « journées non-stop ». On dit aussi des gens sociables qu’on passe en général de bons moments avec eux.

 

« La politesse, la gentillesse, la courtoisie sont des qualités surannées, dévaluées, alors qu'elles impliquent, en réalité, le respect d'autrui. »

René Barjavel

 

N°2 - Août 2014

Restez discret !

 

La personne discrète ne s’impose pas aux autres, elle est modérée dans son comportement. Plus précisément, elle sait respecter la confidentialité de certaines informations, soit parce que quelqu’un s’étant confié à elle le lui demande, soit parce que certains propos  dont elle est témoin n’ont pas lieu, à son sens, d’être rapportés. Il en est ainsi de jugements de valeur portés sur autrui en leur absence, de critiques négatives sur une organisation, un projet. Les rumeurs n’ont pas d’emprise sur la personne discrète, pas plus que les médisances. La discrétion s’appuie sur le discernement, c’est-à-dire la faculté de juger juste dans le domaine moral. Les gens discrets sont dignes de confiance parce qu’ils respectent l’intégrité des personnes. Ils n’ont pas de parti pris, sont difficilement influençables et cherchent plutôt à se faire une opinion par eux-mêmes. Comment ? A partir d’un maximum d’informations ou d’une pluralité de points de vue, en réfléchissant sur les conditions réelles d’un problème, donc en réussissant à mettre à l’écart préjugés, stéréotypes, opinions d’appartenance ou autres ambitions ou complexes personnels.

 

La Rochefoucauld, dans ses Maximes, illustre bien ce comportement : « Ce n’est pas assez d’avoir de grandes qualités ; il en faut avoir l’économie. »

 

N°1 - Juillet 2014

Coopérer : Une obligation ou un choix ?

Dans nos représentations mentales de la coopération,  semble s’être installée l’idée que coopérer ne s’impose que lorsqu’il y a nécessité. Regrettons cette tendance qui fait de la coopération un choix par défaut. Ainsi, on pense plutôt à coopérer quand des contraintes et des urgences compliquent la vie, en dehors de quoi, l’individualisme reprend ses droits...  Sachons promouvoir le choix de coopérer au nom d’un système plus équitable, plus juste et plus durable.

Quels sont donc les comportements coopératifs et quelle est leur valeur ajoutée au quotidien ?

1er comportement : Sachez vous rendre disponible !

La disponibilité s’entend aussi bien en termes de temps disponible à consacrer à l’autre qu’en termes d’espace mental où les préoccupations de l’autre peuvent raisonner et faire sens. Elle est le passage obligé pour l’écoute jusqu’à l’entraide. On ne « parle pas dans le vide » à une personne disponible et à une question posée elle apportera une réponse ; même si c’est un « non », il sera accompagné des explications pour aider l’autre à comprendre. Se rendre disponible, c’est répondre présent dans la relation, apporter la preuve de sa considération et de son intérêt sincère pour le monde de l’autre. La disponibilité ne se capture pas, elle est accordée ; elle n’obéit pas forcément à la pression de l’instant et ne se commande pas par injonction; « rends-toi disponible » ou « sois plus disponible » ont peu de chances de produire l’effet escompté. Néanmoins, elle renvoie à la capacité d’interrompre éventuellement ses activités pour s’occuper d’autrui. La disponibilité s’apprécie  dans la durée par sa fréquence et l’humeur égale qui l’accompagne  ainsi que l’expression accueillante du visage et du regard.

 

Suite des comportements, le mois prochain…

« La grandeur d’un métier est avant tout d’unir les hommes. Il n’est qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines. »

Saint Exupéry