Synergomètre Roger Mucchielli ©
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Interview par Marie-Josée Couchaere, de Anne-Lise Mathieu, Responsable de l'Ecole de la Médiation scientifique de la Cité des Sciences et du Palais de la Découverte

 

En 2015, l’Ecole de la Médiation de la Cité des Sciences et du Palais de la Découverte a souhaité faire l’expérience de la méthode du synergomètre. Cette journée a été organisée par la responsable de l’Ecole, Anne-Lise Mathieu (ALM) et Marie-Josée Couchaere (MJC) a animé 2 séances auprès des collaborateurs médiateurs scientifiques. Leur métier est la médiation scientifique auprès du grand public qui se rend dans les expositions et les ateliers de découverte proposés à travers toute la France.

 

Nous avons mené une interview auprès d’Anne-Lise après cette expérience.  

 

MJC : En quoi une approche de la coopération pouvait concerner les médiateurs scientifiques ?

 

ALM : C’est un métier qui s’exerce très en amont, bien avant la rencontre avec le public. Ensemble, les médiateurs doivent concevoir les activités, les circuits de visites, les jeux, les ateliers, … qui font l’attractivité des thèmes abordés. Ils organisent aussi des évènements comme la fête de la Science, des portes ouvertes de laboratoires etc. La coopération est donc au cœur de la préparation de toutes ces activités car des profils de métiers très divers doivent unir leurs compétences : chercheurs, universitaires, experts, élus des collectivités territoriales, autres médiateurs d’associations locales …

 

MJC : Quels sont les enjeux de ce travail transversal ?

 

ALM : Les projets de médiation multipartenaires sont exposés au risque d’objectifs divergents, des a priori entre les institutions issues de cultures professionnelles différentes. De plus, la hiérarchie verticale, encore dominante dans beaucoup d’organisations, est plus ou moins facilitante d’un fonctionnement transversal.

 

MJC : Que vous a apporté cette approche expérientielle de travail en groupe avec la méthode du synergomètre ?

 

ALM : Disons d’abord que la puissance de cette méthode est double : une prise de conscience déclic de type « mais bon sang, c’est bien sûr ! » et ensuite, d’exercice en exercice de difficulté croissante, l’émergence d’une envie d’en découvrir de plus en plus sur « soi coopérant avec l’autre » et d’un désir de progresser dans ses pratiques et ses comportements.

 

Ce qui m’a frappée en premier, c’est l’implicite dans les échanges entre les personnes. Comme un sujet ou un raisonnement paraissent évident à quelqu’un (d’autant plus s’il est expert), la personne ne pense pas à communiquer aux autres certains éléments. Ce qui lui paraît évident, elle aura tendance spontanément à considérer que c’est (ou devrait être) évident aussi pour l’autre. A maintes reprises, pendant les exercices d’entraînement avec le synergomètre, cela a installé des incompréhensions. Et, c’est basique de le dire, mais si on ne se comprend pas à la source, c’est difficile de collaborer !

 

MJC : Il y a donc eu une prise de conscience fondamentale, rien que dans ces deux séances ?

 

ALM : Absolument. Autre point très important qui est apparu : travailler ensemble en coopérant ne consiste pas seulement à attendre ou à demander de l’information auprès des autres, à en recevoir, en quelque sorte, mais aussi à en donner soi-même. Ce qui est flagrant dans le training avec la méthode du synergomètre, c’est que la démarche efficace la plus coopérative est d’inverser notre réflexe en étant disposé d’abord à donner l’information pour en recevoir ensuite. C’est dans cet ordre que s’installe un véritable partage. On pourrait croire qu’il suffirait d’en donner la consigne aux personnes devant travailler ensemble, mais la réalité prouve le contraire. Tant qu’une prise de conscience n’a pas eu lieu dans une expérience, certaines personnes n’arrivent pas à changer de réflexes. C’est tout l’intérêt de la méthode : grâce aux exercices et surtout à l’animateur qui facilite l’analyse des résultats obtenus par le groupe, les conditions sont créées et sécurisantes pour un changement progressif et durable chez chacun.

 

MJC : A votre avis, qu’est-ce que le groupe auquel vous avez participé a rencontré comme difficulté qui demande un training de séances supplémentaires ?

 

ALM :  Les exercices qui sont soumis au groupe sont des problématiques à résoudre ensemble en coopérant. Or, quand vient le moment de résoudre et de produire une solution collective, les échanges sont plus difficiles et de la confusion s’installe car chacun peut avoir une stratégie différente et il est compliqué de la communiquer aux autres et d’arriver à un accord. Ce n’est pas chose facile que de sortir de sa tendance à croire que la meilleure stratégie est la sienne. Certaines personnes s’obstinent dans le « j’ai raison et tu as tort, je vais te le démontrer ». C’est ce moment crucial dans la coopération où il apparaît que c’est en se mettant plutôt à l’écoute de l’autre et en communiquant vers lui en faisant l’effort de se mettre à sa place que la confusion peut se dénouer.

 

C’est progressivement que le groupe va comprendre comment sortir de cette sorte d’impasse temporaire et sur cet aspect, plusieurs séances sont nécessaires car chacun ne va pas résoudre ses propres limites et les dépasser au même rythme. Un étalement dans le temps des séances d’entraînement est donc nécessaire.

 

MJC : Au total, dans les groupes de professionnels de la médiation, en quoi cette méthode de training à la coopération vous semble performante ?

 

ALM : Finalement, coopérer ne va pas de soi, et si l’école ne nous y a pas forcément préparés, adultes en activité dans les organisations, nous sommes bien démunis ; pas étonnant que la mise en place de la transversalité dans les projets fasse grincer les rouages et grincer des dents. La méthode du synergomètre est aidante et facilitante dans l’acquisition des bonnes pratiques. Elle est préventive et salutaire pour tous ceux qui doivent unir leurs compétences et leur volonté dans la conduite de projets communs où l’enjeu est d’actionner l’intelligence collective et le plaisir de réussir ensemble.

 

Pour en savoir plus sur l'Ecole de la Médiation, cliquez ici

Article de Arlette Mucchielli dans le Nouvel Obs, "Echec scolaire: il faut agir dès la maternelle. A 11 ou 12 ans, il est déjà trop tard". A lire ici

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Article de Arlette Mucchielli paru dans la revue "Non-Violence Actualité" de janvier-février 2015, numéro dédié à la coopération.

 

Vous trouverez ci-dessous l'intégralité de cet article. Nous vous en souhaitons bonne lecture.

Article de Arlette Mucchielli dans la Revue "Non-Violence Actualité" (janvier-février 2015)
Article de Arlette Mucchielli dans la Re[...]
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